La ville de Siem Reap se situe à quelques kilomètres des sites d’Angkor. C’est une ville complètement construite pour le tourisme : dix ans plus tôt, il n’y avait même pas de marché dans ce hameau. Après nos petits problèmes intestinaux à Phnom Penh, nous finissons par prendre le bus le 12 avril pour Siem Reap où nous avons réservé un hôtel plus chic que d’habitude car nous avons deux choses à fêter : d’une part, l’anniversaire de Vincent le 11 (que nous fêtons quelques jours en retard : pour éviter un bon anniversaire avec une bougie sur un bol de riz et un Coca, on a préféré décaler…) : 27 ans ! Et en plus, notre aventure commune prend également une année de plus, 4 ans!
Enfin, pour nous rappeler que les années passent, les Khmers fêtent le nouvel an du 14 au 16 avril, une fête essentiellement familiale, pour notre 4ème nouvel an depuis le 1er janvier après le nouvel an avant le départ, puis le nouvel an orthodoxe dans le transsibérien, enfin le nouvel an chinois. Bonne année à tous, donc !
A Siem Reap, notre programme est le suivant : dans un premier temps, retrouver l’appétit qui en a pris un coup : très simple grâce à notre hôtel vraiment charmant et ses petits plats simples mais excellents – et « propres ». Profiter : pas difficile, la piscine est grande et le service aux petits soins. Visiter les temples : nous nous offrons les services d’un chauffeur de tuk-tuk pour nous guider à travers le dédale de temples s’éparpillant sur 400km2. Nous répartissons tout cela sur 6 jours complets sur place, un luxe que d’avoir du temps comparé à la majorité des touristes.
Siem Reap et les environs
Malgré l’affluence touristique occidentale et asiatique, cette ville plutôt surfaite s’avère en fait agréable, au bord d’une rivière et à quelques kilomètres du plus grand lac d’Asie du Sud-Est, à savoir le Tonlé Sap, se gonflant et se dégonflant au rythme des moussons. En compagnie d’Eric et Anne-Laure, deux strasbourgeois rencontrés à notre hôtel, nous partons faire un tour en bateau sur ce lac habité en saison sèche. En saison humide, les habitants doivent quitter leurs maisons flottantes. Etonnante, cette vie « flottante » : basse-cour flottante, un cochon dans un petit enclos de bois suspendu à un mur de maison, potagers flottants, ferme de crocodiles flottante…Notre guide nous explique que ce sont de pauvres vietnamiens qui se sont installés ici, sur le lac qui leur permet notamment de pêcher. On trouve d’ailleurs dans le village une école vietnamienne…flottante bien sûr. Triste spectacle : de petits enfants encouragés par leur mère et entourés d’énormes serpents viennent mendier auprès de notre bateau.
Quant à la ville de Siem Reap, on y trouve de tout : des coins typiques, des flopées d’hôtels et de guesthouses en tout genre, du plus miteux au plus démesurément luxueux (de 5 à 2000$ la nuit), des restos mexicains, à burgers ou à pizzas, des bars branchés, une foule d’ONG, mais quoiqu’il advienne l’activité des cambodgiens de Siem Reap dépend directement de la fréquentation des temples. Avril est un mois très chaud et relativement peu fréquenté et les terrasses vides sont nombreuses.
Vinciana Jones et Lariane Croft à la découverte des temples perdus
5 heures 15 : le réveil sonne dans la chambre de nos deux aventuriers de l’extrême. A 6 heures, ils sont fin prêts pour le lever du soleil sur le plus majestueux des temples du site : Angkor Wat. Il ne leur manque plus que leur chauffeur privé qui arrive 20 minutes plus tard (il a bien fêté le nouvel an….). 6h45 : certes le soleil est déjà levé mais ce n’est pas le cas de la grande majorité des touristes, l’heure idéale pour les vrais explorateurs…Une longue allée de pierres mène au temple, encerclé par des murs de 1025×800m protégés par des douves. Une superbe lumière du levant inonde le parc. Vinciana Jones et Lariane Croft sont sous le charme, en imaginant, quelques huit siècles plus tôt, 20000 personnes habitant cette « cité royale ».
9h07 : l’heure est propice aux obstacles. Tandis que Lariane esquive de justesse un groupe de Chinois, Vinciana écarte les vendeurs de flûtines en bambou. Ils pénètrent ainsi dans un deuxième temple emblématique du site : le Bayon, surmonté de dizaines de visages énigmatiques en pierre. Décidant d’emprunter un petit chemin pour gagner la terrasse des éléphants, il leur faudra se déjouer des pièges des vendeurs d’écharpes, de copies de livres, de bracelets, de peintures et de mangues. Au vertigineux Baksei Chamkrong, Vinciana double dans les escaliers un groupe de retraités de cette vieille France, qui posent éternellement la même question : « vous logez chez l’habitant ? » à laquelle il faut savoir patiemment répondre. Le début de l’aventure s’achève vers 11 heures, lorsque le soleil se fait brûlant. Là, il faudra encore slalomer entre les bananiers et manguiers de l’hôtel avant de se jeter dans la piscine à 33 degrés.
Ce n’est pas fini : départ à 15h45 pour la suite de la « petite boucle » avec notamment le Banteay Kdey et le Ta Keo. Tandis que Vinciana s’attaque à l’escalier ouest, le plus vertigineux, Lariane Croft lui préfère l’escalier nord, sans regarder en bas. Ouf, ils se retrouvent au sommet. La descente est ardue et ils arrivent un peu tard à Ta Promh, où leur sens de l’observation n’est pas de trop pour repérer les racines géantes de fromagers, se jouer des pierres branlantes, et parvenir à la sortie est où leur fidèle chauffeur de tuk-tuk, Hong, les attend.
19h30 : Après un plouf dans la piscine, c’est l’heure du massage commandé pas Lariane Croft à l’origine pour l’anniversaire de Vinciana, son aventurier préféré. Finalement ils décident d’en profiter tous les deux sous le kiosque au bord de la piscine. Détail : ils n’ont pas précisé « massage à l’huile » et ont droit à un « massage traditionnel ». Grand plongeon dans la culture khmère (rouge ?), dans un ballet parfaitement coordonné des deux masseuses. Après s’être fait hacher le dos bien menu, Lariane tremble quand la masseuse lui plie le genou en quatre. Quant à Vinciana, dérouté par l’enfoncement des doigts sous la nuque, ses cuisses se souviendront quelques jours du trajet des doigts de sa masseuse, bien profond dans la chair. Du kiosque s’échappent des craquements d’orteils et de doigts mais aussi de hanches, sans parler des claquements infligés sur chaque partie du corps. Une journée décidément riche en aventures.
Nous ne détaillerons pas ici tous les temples visités ni leur histoire, mais doit-on le préciser, le site d’Angkor est une merveille à voir une fois dans sa vie ! Un de nos préférés : le Preah Kan, rongé par la végétation ! Nous avons ainsi passé 3 jours (matinées plus fin d’après midi) sur le site et n’avons pas tout vu… A Angkor se côtoient plusieurs mondes : les touristes et les locaux. Les touristes, qui paient 20$ la journée pour entrer dans le site, 40$ pour 3 jours ou 60$ pour 5 jours, auxquels il faut ajouter un moyen de transport (compter 14$ une journée de tuk-tuk) voire un guide pour ceux qui le souhaitent (30$/jour). Cher quand on connait le niveau de vie local. On suppose que les locaux, nombreux, bénéficient d’un tarif préférentiel. On repense au salaire mensuel d’un docteur à Prey Veng : 80$ ; mieux vaut être chauffeur de tuk-tuk à Angkor. A côté de cette débauche de dollars, aux abords des temples (hors Angkor Wat et le Bayon, plus surveillés ?), de nombreux gosses vendent des souvenirs en tout genre. Demandez-leur leur âge : « 12 ans » nous répondra un petit qui en fait 7, « 9 ans » nous affirme une fillette qui en fait 5. Pas d’écoles pour ceux-là : il faut vendre, à toute heure de la journée. On ne sait pas ce qu’ils savent, mais parler anglais fait partie de leurs talents et leur discours est rodé : «Monsieur, tu as l’air assoiffé ! prend cette bouteille » ou « tu as déjà un livre ? mais prends en un autre ! » ou encore, lorsque deux vendent la même chose : « same same but different ! ». En fin de journée, tout est à 1$ : une dizaine de bracelets, 3 gros instruments de musique, 5 magnets et la fatigue se lit sur leurs visages. Nous ne pouvons nous empêcher de penser qu’à Prey Veng, à l’orphelinat ou ailleurs, on ne nous a jamais rien demandé.
Après un dernier coucher de soleil du Angkor Wat, nous quittons le Cambodge le 19 avril en bus, direction le sud est de la Thaïlande, pour l’île de Koh Chang. Mais ceci est une autre histoire…Sachez juste qu’au moment où nous écrivons ces lignes (21.04), nous sirotons un jus de banane et de coco tandis que le soleil se couche derrière les cocotiers, plutôt pas mal…

C’est magnifique!
ces arbres qui dégoulinent sur ces temples donnent une impression de mystére.
Cela doit etre magique de déambuler dans toutes ces ruines.
j’ai bien aimé aussi la belle brochette qui monte les marches et j’ai l’impression qu’il faut s’accrocher.
avec retard , bon anniversaire à Vincent et aussi ,tout mes meilleur voeux pour vos 4 ans
Bises
epoustouflant! je ne peux pas dire autre chose! et en plus vous êtes superbes, continuez, et félicitations et meilleurs voeux pour vos quatre ans bises
Quel pays extraordinaire.
Et quelle chance vous avez d’avoir le temps de « prendre son temps », et de ne pas regarder le calendrier ou la pendule !
Les photos sont superbes. Nous plongeons réellement dans le monde d’Indiana Jones.
Il faudra vraiment songer à exploiter au mieux tout ce fond photographique exceptionnel à votre retour … Pourquoi pas un bouquin de votre aventure … mais ça, c’est une autre histoire. Pour l’instant vivez la vôtre pleinement et faites nous rêver.
haha, j’aime bien la petite tentative « soyons romantiques avec un massage en couple devant la piscine »
Bon un joyeux anniv en leger retard du coup, pour les 27 comme pour les 4
sinon un paquet de photo sympas quand meme !! et puis le coup de la tourista, ca devait finir par arriver ^^
perso depuis une semaine en mode chomeur PAS à la recherche d’un emploi, c’est assez relax comme situation. Et depart pour sao paolo dans 3semaines… a moi la tourista aussi \o/
++ les djeuns
The photos are so incredible. I don’t want them to stop! It is hard to believe that the two of you are on the same planet, that people have lives that are so different…from Bergen. aloha…
5H15 : & bien je ne savais pas qu’Indiana Beix pouvait être aussi matinale héhé. Mais waouhhhh ça en vaut la peine !!
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Hormis le spectacles des enfants revendeurs de souvenirs, les paysages sont tout simplement sublimes.
Je constate que les escaliers vertigineux et leurs accessions périlleuses, que les obstacles touristiques et autres pièges quelque peu racoleurs ne sont rien face aux ongles bien aiguisés des masseuses !! Finalement Vince Maltese et Indiana Beix ont pris plus de risques en se faisant masser qu’en partant à la découverte des temples cambodgiens et de leurs mystéres
Je suis ravie de voir que vous passer de si bons moments, je vous embrasse et bien sûr bon(s) anniversaire(s).
on aurait pu attendre aussi le titre :le temps passe encore à Angkor…tout le reste est super !Quel boulot séculaire !