avr
07
2010

by Ariane et Vincent

En remontant le Mékong

Depuis Mui Né, où nous bullâmes sans complexe, un bus nous conduit jusqu’à la troisième partie de notre voyage au Vietnam, à commencer par Ho Chi Minh Ville (HCMV), ex-Saïgon. N’y allons pas par quatre chemins, l’arrivée sur Saïgon est archi-encombrée, moche, grise et moite puisqu’à l’air chaud se mélange l’humidité qui fait que la température ressentie dépasse les 35°C. Ajoutez à ceci le grand retour de la douleur du genou, que des sessions transat avaient fait disparaitre, mais exacerbée par les creux et bosses de la route, et le fait que le bus nous débarque au cœur du quartier des touristes, un poil glauque. Nous cachons notre joie…

IMG_2344Notre court séjour à HCMV joint l’utile au désagréable. L’ « utile » pour rencontrer le bon docteur, un Argentin parlant français aux allures de George Clooney, qui osculte «le genou qui fait crac-crac » (en roulant les « r ») et surtout prodigue les bons conseils : succès immédiat ! Le « désagréable », c’est l’atmosphère qui règne dans notre quartier. Aux terrasses des cafés pourtant recommandés par un Lonely Planet à banir*, des occidentaux seuls sont rejoints par des prostitué(e)s à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Alors que Vince part prendre quelques photos et sort pendant une demi-heure à 23 heures, il se fait proposer leurs services à 4 reprises, puis de la drogue. On en vient à reconnaître le profil-type du client : gros occidental, la cinquantaine, la peau tatouée et transpirante. Ce type de touriste se mélange à un tourisme plus familial, puisque c’est le principal quartier des hôtels, ce qui donne un mélange d’autant plus étonnant. Sinon, de ce que Vince a pu visiter, quelques parcs agréables et une belle église qu’on croirait tout droit importée de Toulouse agrémentent les environs. Il y a certainement autre chose à voir à Saïgon mais les circonstances ont fait que nous en sommes restés là…

C’est donc avec soulagement qu’après 48 heures dans cette étuve (le temps d’avoir un rendez-vous avec le fameux spécialiste des articulations…), nous prenons un nouveau bus pour Can Tho, la capitale du delta du Mékong. Arrivés de nuit, c’est en cherchant un hôtel que nous tombons sur…un groupe de la CPAM de Perpignan, une bouteille de Ricard trônant sur la table basse du lobby. Après plus de deux mois de privation, c’est peu dire que Vince est ravi de profiter d’un petit verre de jaune. Une soirée fort sympathique dans une ville qui nous a paru moins fréquentée par les touristes que les précédentes, du moins le soir.

IMG_2503Can Tho, c’est surtout l’un des points de départ pour prendre le pouls d’un fleuve mythique : le Mékong. Dès l’aube, notre guide et sa petite embarcation à moteur nous conduisent dans ses méandres en direction des marchés flottants des environs, pour une balade qui durera en tout 7 heures . En chemin, une paisible routine marque le début du jour : chacun fait sa toilette, directement dans le fleuve ou à l’aide d’une petite bassine. Il n’est pas rare de voir des personnes y jeter un sac d’ordures, directement à la surface du fleuve où les voisins se baignent. Puis à l’entrée d’un village, un marché flottant anime la matinée : des bateaux à touche-touche vendent l’un des pastèques, l’autre des ananas, un autre des légumes, des pamplemousses ou des tissus. Pour se repérer c’est très simple : chacun a suspendu en haut d’une perche de bambou un échantillon de ce qu’il vend. Notre guide, une crème, nous achète des fruits frais qu’elle nous prépare à l’arrière du bateau.

IMG_2469Ainsi aurons-nous le plaisir d’observer deux marchés flottants. Nous effectuons le retour par un bras plus étroit où le calme nous envoute réellement. Les gamins du coin accourent nous lancer quelques « Hello » tandis que dans les hamacs, les siestes vont bon train. Il n’est que 9 ou 10 heures du matin mais la chaleur est déjà bien présente. Les gens nous paraissent plus pauvres que dans d’autres régions que nous avons traversées et les maisons s’apparentent bien souvent des abris de bric et de broc, sur pilotis pour être au plus près du fleuve. Quoiqu’il en soit, les larges sourires que nous croisons nous rappellent que le Vietnam est avant tout un pays accueillant, malgré quelques turpitudes dans les grandes villes.

Notre périple sur le territoire vietnamien s’achève à Chau Doc, où nous prenons tout de même le temps de palper l’atmosphère. C’est une zone frontalière et pourtant nous avons l’impression d’être dans un Vietnam plus typique que jusqu’à maintenant. A peine croise-t-on quelques touristes en transit le soir, sinon la ville nous semble préservée de toute perversion extérieure.

IMG_2575Nous louons un scooter pour aller apprécier la vue au sommet du mont Sam culminant à 260m d’altitude. De ce promontoire, on peut observer à la fois les campagnes vietnamiennes et cambodgiennes puisque la frontière n’est qu’à 3 ou 4 kilomètres de là. Une petite route mène au sommet du mont qui lui-même atteint le summum du kitsch : des pagodes, aux couleurs plus agressives les une que les autres, agrémentées de statues des divinités en plastique, se disputent les versants. Ca et là, des champs de statues offrent un spectacle pour le moins surprenant : statues de dinosaures fluos, de lapins priant devant un cactus, de sirènes colorées, d’éléphants, une tour Eiffel, des lézards etc. Toute cette débauche de mauvais goût a certainement un sens, mais à vrai dire, il nous échappe.

Au coucher du soleil, le temps d’un long tour dans les rizières, la douceur de vivre des environs de Chau Doc nous envoute. Les joueurs se défient au volleyball autour des nombreux filets tendus sur les berges. Une petite route sillonne les champs d’un vert éclatant. Les petites gargotes sont pleines à craquer et les vendeurs ambulants n’en finissent pas de servir leurs clients. On nous observe avec de larges sourires. Le marchand de jus de fruits glacés fait un tabac. Un spectacle simple mais charmant pour notre dernière soirée au Vietnam.

IMG_2666De Chau Doc, nous prenons un bateau pour passer la frontière. La machine est bien rodée et très efficace, même si nous avons choisi la solution la moins chère et la plus lente : pour 10$ par personne, l’agence « Mékong tours » nous conduit à Phnom Penh et s’occupe de nous obtenir des visas (22$, officiellement 20 en individuel), ce qui évite au passage une potentielle arnaque des douaniers. Amusant, nous retrouvons dans le bateau un couple d’anglais avec lesquels nous avons passé l’épique frontière sino-vietnamienne ; en tout nous sommes 12 voyageurs au même profil dans cette petite embarcation aux allures d’auberge espagnole. Après avoir visité une maison flottante faisant office de ferme aquacole (elles sont nombreuses sur le Mékong) ainsi qu’un village Cham (une minorité de la région), et 3 heures de bateau nous débarquons au poste frontière flottant de Vinh Xuong où nous restons deux heures. Puis changement d’embarcation : 3 nouvelles heures de bateau le long d’un bras plus large d’un Mékong beaucoup plus sauvage ainsi qu’une heure de minibus, le tout sous une chaleur étouffante, et nous arrivons à Phnom Penh tout excités à l’idée de découvrir un nouveau pays !

*a l’avenir, nous essaierons d’éviter à tout prix ce guide en dessous de tout. Heureusement que ce n’est qu’une bonne copie à 4€, ça n’en vaut décidément pas plus.

Written by Ariane et Vincent in: 4-Vietnam |

12 commentaires »

  • patricia muller dit :

    D’abord on voudrait des nouvelles du genou d’Ariane. D’accord il a fait crac mais après? J’espère que cette fois il y aura une véritable amélioration. Dans ma chorale, il y a Armandine qui faisait partie des français que vous avez rencontrés, comme quoi le monde est tout petit! J’ai aussi parlé de vous avec Anne Holtz qui a visité votre site et qui a trouvé cela extraordinaire. Elle vous fera certainement un petit coucou un de ces jours. A bientôt donc, bises Patricia

  • Laure dit :

    Je viens vous faire un petit coucou sur votre blog et lire vos impressions sur le Mekong delta :-)
    La visite des 2 marches flottants au depart de Can Tho etait bien agreable et finalement pas si frequentee que ca par les touristes. Je vois que vous avez aussi eu pleins de petits cadeaux fabriques en feuille de palmier :-)
    Bon Voyage et pense au ‘tiger balm’ pour le genou Ariane :-)
    Laure (Bus HCMC – Can tho)

  • Simone Montagne dit :

    Depuis maintenant 3 mois nous nous régalons de vos récits , dignes de conférenciers chevronnés et toujours riches en détails de votre « vécu » dans des situations pour le moins inhabituelles!!!Ariane,prends soin de ton genou.
    Gros bisous et bonne continuation.

    Simone et Gérard (les cousins de Lille ou de St-Palais selon les moments)

  • Cousine Anita dit :

    CouCou les voyageurs,

    les paysages du bout du monde que vous captez sur vos clichés sont magnifiques et les commentaires toujours aussi interessants.
    Periple toujours aussi passionnant, continuez comme ca

    bisous a vous deux

  • Marion dit :

    Coucou à vous deux,
    petite devinette:
    De quoi parle-t-on, entre mamans, devant l’école de Baptiste et Clément, en attendant que ce soit l’heure de la sortie des classes?
    Du blog d’Ariane et Vincent, bien sûr!
    Et en plus Clément est rebaptisé « petit Vincent » par la maman d’un ami de Baptiste qui a été frappé par « l’air de famille ».
    Si nous devions faire un classement, à ce jour, de nos pays préférés ( »visités » à travers votre blog), nous dirions:
    1.Vietnam
    2.Chine
    3.Moscou (même si ce n’est pas un pays, les photos étaient vraiment magnifiques)
    Gros bisous et à bientôt au téléphone (le 11, peut-être).
    Famille Gorce au grand complet…

  • André dit :

    Nous voulons en savoir plus sur le genou d’Ariane.
    Nous avons cependant deviné grâce à votre indice caché dans le texte que « George Clooney » était ostéopathe, mais nous ignorons son diagnostic…
    Bravo pour les photos… Il était grand temps de changer l’appareil.
    Espérons que les soins argentins ne mettrons pas Ariane sur les rotules.

  • André dit :

    Dire que je me moquais de l’indice caché et que j’en laisse un énorme…
    Bien sûr, il faut lire : « …les soins argentins ne mettront pas Ariane… » et pas « mettrons ».
    Impulsivement j’avais appuyé sur « Submit Comment » et n’ai pas pu rattraper l’erreur fatale.
    Bref, c’est l’hôpital qui se fiche de la charité !

  • Maxime dit :

    Coucou Ariane coucou Vincent,
    je continue de suivre votre voyage et ça m’intesse beaucoup.
    Bon, maman me fait des devoirs de géo et des recherches sur internet avec votre aventure, alors j’aprends pleins de choses. je vous dis merci pour ça.
    abientôt.
    MAX

  • patricia muller dit :

    Joyeux anniversaire Vincent! Tout le monde se joint à moi pour te le souhaiter. Paloma vous fait des gros bisous et souhaite à chaque étape voir de plus en plus de photos. A plus!

  • Veroroland dit :

    loupé l’anniversaire de Vincent !! mettons le necessaire au frais !à déguster par 42 degrès … ça chauffe très beaucoup en Thailande surtout à Bangkok !5o morts 700 blessès …Intile de nous transmettre la chronique fumante des rues en révolution!! bon courage!BIZZ

  • J’ai vraiment aimée votre blog, j’ai trouvée tous les informations que je cherche.

  • Merci, super et intéressant

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